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| Pascal Camphin, apprenti de l'ISTN |
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| Quel a été votre parcours et pourquoi avoir fait le choix de l′apprentissage ? |
| J′ai fait un bac scientifique dans un institut agricole. Suite à cela, j'ai présenté plusieurs écoles d′ingénieur. J′ai choisi finalement l′ISTN car ça me permettait d′allier des études longues et de la pratique. Je ne voulais pas faire cinq ans de théorie. Je voulais allier théorie et pratique : j′ai commencé d′abord par un BTS Mécanismes et automatismes industriels (MAI) en apprentissage. J′ai fait ce BTS pour intégrer le cycle d′ingénieur, le BTS n′est pas une fin en soi quand on le fait à l′ISTN. Il est fait en partenariat avec Ozanam. On a tous les cours d′un BTS traditionnel et on a des cours en plus, la formation humaine. On a des remises à niveau de certaines matières générales (mathématiques, physique, anglais). L′objectif c'est de passer en cycle d'ingénieur, et donc les cours sont plus poussés. Les conditions, c′est 12 sur 20 de moyenne sur les deux années et l′aval du conseil pour passer en cycle ingénieur. |
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| En cours, comment cela se passe ? |
| Quand on est trois mois en cours, toutes les matinées, on est en TP en 1/5 ème de promo avec l'ICAM. L'après-midi, ce sont des cours magistraux en amphi ou en petits groupes selon les cours. Le rythme 3 mois/3 mois a ses avantages et ses inconvénients ; pendant trois mois en entreprise on peut mener des projets d'envergure et sur la durée. L'avantage, c'est que le soir on ne se déconnecte pas de l'entreprise. Quand je reviens à l'école, je reprends un rythme d'étudiant. On est de toute façon considéré comme des salariés d'entreprise |
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| Au niveau des notes, y a-t-il un minimum pour passer au niveau supérieur ? |
| Il y a plusieurs conditions, il faut 13 de moyenne, le TOEIC avec 750 point minimum, et l'aval du conseil. |
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| Et après ? |
| Il y a peut-être une embauche possible à Vélux. Ils me connaissent depuis 4 ans, je ne passerai pas par un recrutement classique avec plusieurs entretiens. Mais je n'ai pour l'instant aucun renseignement sur les conditions d'embauche et de poste. Je sais qu'il y a des possibilités en production avec une équipe à gérer, mais je suis encore jeune pour cela. Il y a aussi des postes plus techniques pour continuer à apprendre des méthodes de management en parallèle. |
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| Quels sont les avantages et les inconvénients de l'apprentissage ? |
| L'avantage c'est qu'à l'ISTN on connaît le monde de l'entreprise, je peux m'adapter très rapidement; en continu, l'adaptation sera moins rapide. |
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| Avez-vous déjà eu des regrets d'avoir choisi l'apprentissage ? |
| Non, jamais. J′avais plusieurs choix possibles quand j′ai fait celui de l′alternance, mais je ne regrette pas du tout. A l′ISTN, on est des promos soudées, donc quand il y a un problème, nous sommes tous ensemble. |
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| Comment avez-vous vécu le fait d′être salarié à 21 ans et d′avoir un appartement ? |
| On commence à être indépendant, et en même temps, on sait que les parents ne sont pas trop loin. |
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| Qu′est-ce que vous voudriez dire à des personnes qui souhaiteraient faire de l′apprentissage mais qui n'ont pas encore l'idée ? |
| Une personne qui penserait à l′apprentissage serait une personne qui veut avoir une formation adaptée aux réalités du terrain, une formation opérationnelle. Quand on commence l′apprentissage, on est convaincu, et généralement, ça plaît. |
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| Julien Gillot, apprenti ingénieur textile en 3ème année à l′ENSAIT |
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| Quel a été votre parcours ? |
| J′ai fait une prépa scientifique, puis je suis rentré avec un bac+2 dans une école d′ingénieur à l′ENSAIT à Roubaix. J′ai fait une première année classique, sans apprentissage et j′ai ressenti un besoin de mettre en pratique. Il faut de l′expérience en entreprise pour travailler par la suite, donc je suis entré en deuxième année en apprentissage. Ca m′a permis de connaître mes collaborateurs, savoir être diplomate, et aussi d′avoir des expériences en management. La formation en apprentissage est une très bonne chose pour apprendre à gérer l′humain. On ne peut pas apprendre à diriger des personnes en filière classique, on ne peut l′apprendre qu′en pratiquant. |
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| Comment êtes vous considéré dans l′entreprise ? |
| Je suis considéré dans l′entreprise comme un ingénieur. J′ai un CDD, mais par la suite, ça peut se tourner vers un CDI. J′ai déjà fait mes preuves, l′entreprise me connaît, connaît mon travail, ma personnalité et je pense qu′un contrat d′apprentissage, c′est important pour travailler par la suite. |
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| Pouvez-vous nous expliquer le poste que vous occupez dans l′entreprise ? |
| Je travaille en tant qu′ingénieur produit à Décathlon Création à Villeneuve d′Ascq. Mon métier, c′est de recevoir les panoplies des stylistes, d′établir un cahier des charges, négocier les prix avec les pays et vérifier la qualité des produits. |
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| Comment avez-vous trouvé votre entreprise ? |
| J′ai fait un stage d′été dans un magasin Décathlon et j′ai contacté directement les responsables de Décathlon Création. Les responsables ont eu envie de me rencontrer, ils m′ont convoqué à un entretien pour connaître mes attentes et cela s′est bien passé. |
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| Quel est le rythme d′alternance dans le supérieur ? |
| A l′ENSAIT, c′est six semaines en entreprise et six semaines au CFA. C′est une organisation pratique pour les gens qui ont leur entreprise dans le sud ou ailleurs. |
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| Comment obtient-on son diplôme ? |
| On procède par semestre. On valide par des partiels pendant les deux premières années, avec également une note du tuteur industriel. La dernière année, on a six mois en entreprise consacrés à un projet de fin d′études. On passe devant un jury d′examinateurs, de professeurs, de professionnels, de docteurs en textile, par exemple. On a également un examen d′anglais à passer au cours des trois ans. |
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| Pouvez-vous donner un conseil à des jeunes qui souhaiteraient faire de l′apprentissage dans le supérieur ? |
| Il ne faut pas avoir peur, il faut aller voir directement les personnes concernées, parler avec elles, leur montrer qu′on a envie d′acquérir de l′expérience. Il faut avoir l′esprit critique et poser des questions pour montrer qu′on s′intéresse. |
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| Davy Decock, apprenti en DUT GEA à l′IUT A de Lille 1 |
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| Comment es-tu venu à l′alternance? |
| Decathlon était venu à Lille 1. Les RH cherchaient un contrat à temps partiel. J′ai postulé et en deux semaines, j′étais pris! Quand je pense que j′ignorais que l′alternance concernait aussi le supérieur... |
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| Cela représente quoi, pour toi, l′alternance ? |
| Un apprentissage rapide, concret et performant avec un statut mixte intéressant. Les profs sont souvent issus du terrain : leurs expériences sont une mine d′informations ! Et puis nous avons un projet à mener de A à Z sur 2 ans, avec l′aide de l′entreprise. C′est génial pour se batir un CV en béton. |
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| Quelles sont les qualités requises ? |
| Etre volontaire, organisé, bosseur. Mais la contrepartie, c′est de savoirqu′au final, on attise doublement la convoitise des employeurs |
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Tiphanie Vanpeer, école d’ingénieur CESI d′Arras
Lorsqu’on en a assez des bancs de l’école mais que l’on est tout de même attiré par la poursuite d’études : l’apprentissage est un bon moyen. J’ai choisi l’apprentissage pour cette raison.
Je suis donc actuellement en école d’ingénieurs généralistes par l’apprentissage, le CESI à Arras, et travaille parallèlement dans une entreprise agro-alimentaire, Le Petit Cuisinier, à Hénin Beaumont pour devenir ingénieur qualité.
Grâce à l’apprentissage, je bénéficie d’une bonne connaissance scientifique et technique confortée par une expérience professionnelle. Il est aussi vrai qu’effectuer une formation en apprentissage sur 2 fois moins de temps qu’une formation initiale n’est pas toujours facile. Il faut apprendre à gérer l’école, l’entreprise et les à-côtés. Mais de cette difficulté, nous pouvons en ressortir un atout : la gestion du temps. Je conseille l’apprentissage à tous.
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Marie Debeuckelaere, école d’ingénieur CESI d′Arras
Je travaille pour l′entreprise Cofathec ADF Tarlin au bureau des méthodes.Ces activités principales tournent autour de la maintenance industrielle, chaudraunerie et soudure.
Je travaille sur le contrat des hauts fourneaux sur le site de Sollac Dunkerques. Mon intégration au sein de l′équipe du contrat a été plus ou moins difficile dans la mesure ou je suis une jeune femme qui travaille dans un milieu d′hommes. En effet, certaines personnes acceptent moins facilement le fait que je soit une femme et en plus avec ce niveau d′étude. Fort heureusement, il y en a que très peu qui ne l′acceptent pas. Dans l′ensemble, les collègues m′ont très vite intégré et accepté dans l′équipe.
J′ai du montrer dès le début que j′avais du caractère et que je n′avais pas peur de me salir les mains sur les chantier. Cela m′a permis d′avoir le respect de chacun. Je vais beaucoup sur le terrain afin d′apprendre le plus rapidement possible pour connaitre les conditions de travail du personnel et savoir de quoi on parle. En plus de m′integrer avec le personnel Cofathec, j′ai aussi du m′intégrer avec les agents Sollac( le client). Mon tuteur m′a présenté directement au client et de dernier m′a intégré. Un resto et c′est parti.
Le status d′apprenti n′est pas facile à gerer. Vous ne pouvez pas donner d′ordre, vous pouvez simplement suggérer. De ce fait, il faut obtenir le respect des gens en les aidant et en communiquant. Je passe beaucoup de temps par la communication afin d′obtenir ce dont j′ai besoin. Dès qu′un ouvrier a besoin d′aide, je suis là et donc dès que c′est moi qui ai besoin de quelque chose, il es là aussi. C′est ce respect qui m′a permis de réaliser mes différentes missions.
Il faut savoir que lorsqu′on a un problème avec une personne, il faut directement en discuter soit avec la personne elle même ou avec son tuteur. Il ne faut pas laisser les choses s′envenimer. En effet, j′ai eu un problème avec un de mes chefs. Ce dernier n′appréciait pas le respect que j′avais de mes collègues, et je pense, le fait que je soit une femme avec ce niveau d′étude. Les ouvriers m′écoutaient plus que lui. De ce fait, il m′a mis des bâtons dans les roues pour réaliser mes missions. Au bout d′un an, j′ai enfin osé prendre les choses en mains. J′ai voulu en discuter avec lui mais lui ne voulait pas. j′ai donc du en discuter avec mon tuteur qui m′a permis de reglers "l′affaire". Maintenant tout es régler, je n′ai plus aucun problème. Leçon à en tirer : N′attendez pas pour discuter des problèmes que vous avez.
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Emilie, Marina, Elodie et Céline, école d’ingénieur CESI d′Arras
Emilie, Marina, Elodie et Céline ont toutes 21 ans. Après un DUT, elles ont entamé leur formation d′ingénieur en 2005 au CESI d′Arras. Pour elles, qui ont toujours baigné dans un contexte scientifique depuis leurs études secondaires, cette poursuite d′études s′inscrit dans une continuité logique. Elles n′ont pas ressenti de frein particulier à leurs intentions dans leur environnement scolaire ou universitaire. " On sentait quand même que les filles allaient plus naturellement vers des formations qui préparent à des métiers plus " féminins " : ressources humaines, médecine, l′industrie aussi, mais dans le secteur cosmétique par exemple ", nous dit Elodie.
Elles se destinent à être chargée d′affaires, ingénieure qualité ou ingénieure process, dans l′automobile, la prestation technique en climatisation, la fabrication de lessives et de produits d′entretien.
La répartition homme-femme qu′elles constatent dans leurs entreprises est déséquilibrée : l′effectif est plus féminin en ressources humaines, en achats, en logistique, mais encore essentiellement masculin en production. Notamment dans les industries " lourdes ", ou par exemple dans l′automobile, comme pour Marina : " Il m′arrive parfois d′être seule parmi vingt hommes en réunion ".
Leur choix d′un cursus en apprentissage les a mises au contact du terrain très rapidement. Très bien acceptées dans professionnellement, les comportements de l′entourage peuvent parfois présenter des différences : " dans la relation client, ce dernier peut faire preuve de plus d′indulgence avec moi qu′avec un homme " nous confie Elodie. " Personnellement, je ne trouve pas cela normal, même si c′est plus facile pour moi ! ". Mais, dans le secteur industriel, elles ressentent que, pour un poste équivalent, les femmes doivent donner plus de preuves que les hommes de leurs capacités et de leurs compétences.
Clairement, il reste du chemin à parcourir dans l′égalité homme-femme, que ce soit dans le niveau de responsabilité ou dans les salaires. " Cette différence est très française ", nous dit Céline, qui opère dans un milieu international, constatant qu′à l′étranger, les pratiques sont moins machistes. Ces idées préconçues existent dès le collège. C′est aussi dans ce but que nos apprenties se mobilisent pour promouvoir le métier d′ingénieur dans les collèges et lycées, afin d′attirer les vocations qui pourraient naître, et balayer les idées reçues dans ce domaine.
Nos jeunes femmes ne manquent pas d′ambition, et l′avenir ne leur fait pas peur. " Nos qualités d′écoute, de négociation, et pourquoi pas de séduction, s′ajouteront à nos compétences techniques pour nous affirmer ! " Comment voient-elles leur évolution ? A cette question, Emilie nous répond: " Le site où je travaille est dirigé par une femme depuis plusieurs années, et tout va bien, donc pourquoi pas moi ? ".
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