Interview Jean-Luc Menet

Interview  Jean Luc Menet


JLM_FC_14

 En tant que responsable d’une filière en apprentissage, pensez-vous qu’il y une différence de maturité entre un apprenti et un étudiant de formation initiale ?

A l’évidence oui, pour la plupart des apprenants du moins. L’approche terrain et la co-formation (entreprise et centre de formation) sont essentiels à la mise en place et au mûrissement du projet professionnel du jeune. De ce fait, il y a un questionnement perpétuel et une meilleure appropriation des sujets traités soit en entreprise soit en centre de formation en vue de leur complémentarité. Un apprenti voit davantage l’intérêt d’une matière enseignée s’il constate en même temps qu’elle est une préoccupation de l’entreprise, ce qui l’incite généralement à approfondir et en tout cas à s’intéresser à cette matière.

Inversement, Une préoccupation constatée en entreprise fait régulièrement l’objet de questions aux intervenants dans le cadre de leurs enseignements. Enfin, l’entreprise est à l’évidence un terrain d’application idéal des cours en général. L’ensemble procède d’une formation plus aboutie en termes de connaissances (y compris pour la partie en entreprise) mais aussi de compétences, ce qui conduit à une meilleure adéquation de l’apprenant avec les préoccupations de l’entreprise et donc à se maturité. Ces affirmations sont corroborées par un taux d’insertion moyen meilleur pour les apprentis que pour les étudiants en formation initiale.

Un apprenti a-t-il plus d’envie, de motivation concernant son avenir professionnel ?

La plupart des éléments détaillés ci-dessus demeurent valables. Le projet professionnel est généralement plus abouti et en tout cas plus précoce pour les apprentis. Il faut cependant mettre un bémol. En effet, les apprentis ont déjà une vision assez aboutie de leur projet professionnel avant même d’accéder à ce statut et c’est généralement la raison pour laquelle ils d’y intéressent en amont.

Très tôt, ils ont intégré le fait que l’apprentissage est une méthode de formation adaptée à leur projet professionnel et permettant une meilleure acquisition de compétences. Pour dire cela autrement, les apprentis ont davantage de motivation pour leur avenir professionnel, y compris dans leur confiance à s’insérer, mais cela n’est pas systématiquement une conséquence directe de l’apprentissage : ce serait plutôt l’apprentissage qui conforte leur motivation pour l’apprentissage…

Selon vous, comment la formation en apprentissage apporte-t-elle une meilleure compréhension du milieu du travail et favorise l’adhésion à une équipe dans l’entreprise ?

Indéniablement. Les raisons évidentes sont déjà exprimées ci-dessus, mais la formation « sur le long cours » permet aussi cela. Il est en effet plus facile d’adhérer à un projet d’entreprise, de participer à des projets d’équipes, de piloter ces équipes ou des projets si l’apprentissage se fait sur plusieurs années.

Lors d’un stage, l’étudiant a généralement une ou deux missions à effectuer. En apprentissage, l’apprenti vit au rythme de l’entreprise, même quand il est en centre de formation (du moins avec les rythmes d’alternance que nous proposons à Valenciennes) de sorte qu’il reste en contact quasi-constant avec les équipes dans lesquelles il est intégré, ce qui facilite d’une part l’apprentissage progressif (il passe de missions opérationnelles à des missions d’encadrement) et d’autre part et d’autre part l’appropriation des projets en cours.

A votre avis, comment les apprentis deviennent-ils acteurs de leur parcours professionnel ?

Pour ce qui concerne le Master QHS de Valenciennes, outre les éléments déjà évoqués, je dirais qu’il y a en plus le fait que nous avons mis en place une structure de double tutorat actif dans le cadre de la période en entreprise. L’idée est que le maître d’apprentissage et le tuteur pédagogique soient au plus près de l’apprenti pour l’accompagner dans sa démarche mais surtout que l’apprenti soit au cœur de cette démarche.

Autrement dit, c’est à l’apprenti qu’il revient de gérer son alternance, de proposer des réunions, de se remettre en cause, de demander conseil, et ce jusque dans le choix des sujets qu’il a à traiter. En effet, l’entreprise a tout intérêt à s’entourer d’apprentis qui ont des compétences dans un domaine donné et de favoriser toute initiative qui permette de faire avancer un projet, le tout en restant à l’écoute d’idées nouvelles, un jeune apportant généralement non seulement du « sang neuf » mais surtout de nouvelles idées du fait de sa prise de recul que nous encourageons et évaluons.

Pouvez-vous faire un lien entre entreprenariat ou l’esprit entrepreneur et l’apprentissage ?

Le lien, pour moi, n’est pas évident. L’esprit d’entreprendre est généralement propre à l’individu. J’inverserais plutôt le paradigme. Je pense que les apprenants qui font le choix d’être apprentis ont déjà un esprit d’entreprendre, ce qui se constate simplement par la recherche d’entreprises d’accueils, le travail du CV, etc. Ensuite, la formation par apprentissage leur donne les outils pour donner libre cours à leurs idées. L’esprit d’entreprendre n’est d’ailleurs pas uniquement lié au milieu professionnel.

On constate que nombre de projets, même d’ordre pédagogique ou citoyen, sont réalisés par des apprentis. On constate aussi que les apprentis, dans le cadre des projets pédagogiques, font généralement un travail de meilleure qualité. L’apprentissage permet cela car le meilleur moyen d’entreprendre est d’apprendre au sein d’une entreprise qui vous forme en même temps qu’elle vous intègre à ses équipes. Mais je dirais surtout que la formation par apprentissage permet aux apprenants ayant déjà cette fibre de l’entrepreneuriat de la développer.

A l’ENSIAME, encouragez-vous l’esprit entrepreneurial chez vos étudiants ?

Pour le Master QHS, nous l’encourageons par exemple par le biais de projets collaboratifs qui constituent une part importante de notre enseignement. Ces projets sont à la fois un apprentissage de la gestion de projet et des projets réels concrets, et qui doivent mettre à profit l’esprit d’entreprendre, l’innovation, la créativité, etc. Les clients sont soit internes au Master, soit des services de l’université qui ont des demandes spécifiques ou plutôt des besoins. Par exemple, les apprentis du Master QHS organisent depuis plusieurs années la Journée Environnement et Développement Durable (JEDD) de l’ENSIAME, ou encore un magazine professionnel lié au QHSE, des cycles de conférences liées au domaine, des formations à la prévention, etc.

Un autre volet est l’encouragement. Ainsi, dès qu’un projet émerge d’un groupe, nous mettons tout en œuvre, avec le Hubhouse de l’université de Valenciennes, pour permettre son aboutissement. Dans le cas de projets plus personnels, par exemple le 4L-trophy, nous aidons financièrement les équipes et surtout nous leur donnons les moyens de les mettre en œuvre en adaptant leur emploi du temps. Le règlement de scolarité encourage l’esprit d’entreprendre et la citoyenneté par la mise en place d’un bonus spécifique sur la moyenne.

Avez-vous des étudiants qui sont ou qui souhaitent devenir entrepreneurs ?

C’est le côté le plus difficile à évaluer. Ces étudiants existent mais ils sont rares. Généralement (un à deux par an, peut-être moins), ce sont ceux qui ont déjà une idée en tête, ou un projet qui mûrit au cours de leur scolarité. Via le Hubhouse, nous les y aidons mais nous n’avons pas forcément de retour. Nous constatons cependant, en Master QHS, un certain nombre de projets professionnels où apparaît le désir d’être consultant, expert, ingénieur conseil ou auditeur etc., bref le souhait d’un certain nombre d’étudiants d’être « à leur compte » et non pas employés par une entreprise sur des missions QHSE.

Mais cela dépasse le statut d’alternance. Il ne semble pas qu’il y ait davantage d’entrepreneurs chez les apprentis. Au contraire, dès lors que l’apprentissage favorise l’insertion comme énoncé plus haut, nombre d’apprentis choisissent cette solution « de facilité » plutôt que de mûrir et monter un projet d’entreprise ou d’entrepreneuriat, le secteur visé (le QHSE au sens large) ne s’y prêtant d’ailleurs que moyennement.

Interview Elodie Auffray et Charlotte Despretz

Interview Elodie Auffray et Charlotte Despretz

Pour la première fois, des apprenties ont été élues déléguées au conseil de perfectionnement par voix électronique. Ce conseil est composé de membres en relation avec la formation, pouvant émettre des avis qui seront proposés au conseil d’administration. Voici les témoignages de trois des cinq apprenties élues. 

ElodieAuffray_CharlotteDesprezt

Charlotte Despretz :
master qhse – ensiame
entreprise umicore

J’ai fait un BTS Analyse Biochimique et Biotechnologique à Douai puis une licence professionnelle protection de l’environnement et Gestion des déchets à Lens en alternance. J’ai choisi ce rythme pour commencer à entrer dans la vie active et obtenir mon indépendance financière et personnelle ainsi que de l’expérience. Je ne souhaitais pas m’arrêter à ce niveau. De plus, le côté managérial m’intéressait beaucoup. Ainsi, je me suis tournée vers le master QHSE de l’ENSIAME en alternance. Grâce à cela, je peux développer mes compétences managériales et ma capacité à gérer un projet. Je travaille actuellement dans une entreprise de métallurgie où j’occupe le poste d’assistante QSE (Qualité Sécurité Environnement) avec des missions qui se portent sur l’environnement ainsi que sur la sécurité pour les analyses des risques chimiques.

Elodie Auffray
master qhse – ensiame
entreprise lesage et fils

J’ai fait une licence de psychologie à Rennes puis un Master 1 en psychopathologie. Je ne trouvais pas de stage et les sélections pour le master 2 étaient rudes. Suite à une remise en question, j’ai donc décidé d’arrêter et de faire un break. Pendant cette année-là, j’ai travaillé et j’ai rencontré une responsable qualité. Son métier m’a intéressé, j’ai réalisé un stage dans son entreprise agroalimentaire. Il s’agissait d’une chocolaterie. Je me suis renseignée pour les études concernant le domaine de la qualité. Ne voulant pas recommencer une licence ayant moi-même un niveau master, j’ai postulé au master QHSE (Qualité Hygiène Sécurité Environnement) de l’ENSIAME en précisant que je ferai des stages pour pallier à mon manque de connaissance. L’ENSIAME a accepté de me faire passer un entretien qui s’est plutôt bien déroulé. J’ai intégré le master QHSE grâce à ma motivation.
Qu’est-ce qui vous a motivé à faire de l’apprentissage ?
-Elodie : c’était tout d’abord pour le gain d’expérience. J’ai choisi l’apprentissage pour apprendre un maximum vu que je venais d’intégrer le master. Mais aussi le fait de commencer à entrer dans la vie active tout en apprenant théoriquement des choses. C’est vraiment quelque chose de gratifiant
– Charlotte : j’étais déjà apprentie à Bridgestone à Béthune et c’est vraiment grâce à cette expérience professionnelle que j’ai décidé de continuer sur la voie de l’apprentissage.

Que pensez-vous de la formation par apprentissage en général ?
-Elodie : c’est très bénéfique. C’est là où on apprend le plus comparé à une formation classique car tu peux appliquer ce que tu apprends en cours.
-Charlotte : Et ça te donne un grand avantage comparé aux autres étudiants de la formation initiale car ils n’ont pas vraiment expérimenté les phases d’entreprise.

Pourquoi vous êtes-vous présentées en tant que déléguées des apprentis ?
-Elodie : C’était déjà pour s’investir et aussi être présent pour tous les changements concernant l’apprentissage.
-Charlotte : Nous voulions être le lien entre l’ENSIAME et Formasup et savoir tout ce qui pourrait nous concerner en tant qu’apprentis. Mais aussi pour créer un échange, représenter Formasup, l’ENSIAME et l’apprentissage en général.

Qu’est-ce que ça vous fait d’être élues déléguées des apprentis ?
Les deux : On est curieuse de voir ce qu’il va se passer, ce que vont donner les prochaines réunions et de voir le fonctionnement de celles-ci.

Avez-vous déjà des idées concernant des changements au niveau de l’apprentissage ?
Les deux : Pas vraiment encore. Nous venons d’apprendre que nous sommes élues et notre formation est satisfaisante actuellement. Mais si jamais des axes d’amélioration sont possibles, oui nous en ferons part en conseil de perfectionnement.

Interview Anne Charlotte Fleury

Anne Charlotte Fleury

IAE Lille – Entreprise Fremaux delorme sa

Anne Charlotte Fleury

Peux-tu nous raconter ton parcours :
J’ai 24 ans, je suis en licence management et sciences de gestion à l’IAE de Lille. Avant cela, j’ai travaillé 4 ans en tant que vendeuse. Puis j’ai repris mes études pour faire un BTS commerce international.

Qu’est-ce qui t’as motivé à faire de l’apprentissage ?
C’est vraiment le fait d’avoir eu une expérience professionnelle auparavant. Mais aussi le fait d’appliquer des connaissances apprises en cours. C’est aussi pour avoir plus d’expérience et de définir mon parcours professionnel.

Que penses-tu de la formation en apprentissage ?
Je pense que c’est un bon compromis. De plus, j’ai la chance de pouvoir travailler dans une entreprise à dimension internationale. C’est un avantage d’avoir de l’expérience supplémentaire et d’être rémunérée.

Quelle est ton entreprise et quelles missions te sont confiées ?
Je suis assistante commerciale au service export de l’entreprise Fremaux Delorme qui produit du linge de maison. J’ai la chance d’avoir un poste qui est polyvalent et qui me permet de toucher un peu à tout.

Aimerais-tu travailler dans ce domaine ?
Personnellement, c’est plus le domaine de l’industrie qui m’attire.

Pourquoi t’es-tu présentée en tant que déléguée des apprentis ?
C’était une opportunité pour moi de me sentir plus intégrée, plus investie dans mon école, l’IAE. Je voulais justement faire partie des associations de l’école mais malheureusement avec l’alternance ce n’était pas possible. C’est donc une opportunité qui s’est présentée et que je trouvais intéressante.

Comment as-tu entendu parler des élections ?
Par le biais de notre responsable de formation, Mme Valentin qui nous en a parlé à la fin d’un cours.

Penses-tu déjà à changer certaines choses dans l’apprentissage ?
Pour l’instant mes camarades et moi-même sommes satisfaits de notre formation, c’est sûr que la charge de travail avec les cours et l’entreprise est plus importante mais c’est le but de ce type de formation. Mais si jamais des axes d’amélioration sont possibles, je n’hésiterais pas à en parler.

Que souhaiterais-tu faire plus tard ?
J’aimerais me lancer dans un master mais qui n’est pas en alternance. C’est le master SAS de l’IAE qui me permettrait de partir un semestre à l’étranger, je ne pourrais donc pas allier les deux.

Journée « Atelier pédagogie active » APEA-Formasup

banniere1

Chers tous,

Notre prochaine rencontre au sein de l’APEA aura lieu le : Jeudi 28 avril 2016, de 9h00 à 17h00 à l’IUT A de Villeneuve d’Ascq.

banniere2

Vous aurez le plaisir d’assister à un atelier de pédagogie active animé par : Messieurs Yves Mauffette et Pierre Baillon.

intervenants

Monsieur Yves Mauffette, Professeur d’Université, ancien doyen de l’UQAM (Université du Québec à Montréal), se trouve parmi nous pour un an afin d’accompagner le CESI dans la mise en place de la pédagogie par projet, par problème ou inversée.Nous vous proposons donc de nous retrouver pendant une journée pour expérimenter ensemble ce modèle pédagogique qui a été élaboré il y a plus de 40 ans à l’Université de McMaster.
Yves Mauffette a accompagné la mise en place de cette pédagogie à l’ITIAPE et au CESI. L’ancien Directeur de l’ITIAPE, Monsieur Pierre Baillon se joindra à lui pour animer cette journée destinée aux acteurs de nos formations par apprentissage, journée qui va nous permettre de continuer à explorer les nouvelles démarches pédagogiques, suite à notre voyage en Suède en 2014.

Comptant sur votre présence, cet atelier de pédagogie active nous donnera également l’opportunité de partager le déjeuner du midi à l’IUT A.

Veuillez-vous inscrire en cliquant sur le lien suivant avant le 25 avril :
Inscription « Atelier pédagogie active »

BasDePage